Bâle, capitale des pesticides

29.04.2021
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Silva Lieberherr et Till Buser, coalition « March against Bayer and Syngenta »

March against Bayer and Syngenta

Chaque année, à l’occasion de la Journée internationale des luttes paysannes célébrée le 17 avril, le syndicat paysan la Via Campesina réaffirme les revendications fondamentales liées à la souveraineté alimentaire et rappelle l’importance du mouvement paysan. Ce sont des questions importantes pour Pain pour le prochain. 

En 2021, cet événement a coïncidé avec la manifestation « March against Bayer and Syngenta » organisée par Pain pour le prochain aux côtés de nombreuses autres organisations pour la septième fois déjà. Cette marche nous a permis de porter la lutte internationale contre les pesticides aussi à Bâle, berceau de près de la moitié des activités agrochimiques mondiales.

Depuis son rachat en 2016 par l’entreprise chinoise ChemChina, Syngenta affiche une croissance ininterrompue : rebaptisée « Syngenta Group » l’année dernière, la société est devenue la plus puissante multinationale agrochimique de la planète et ne cesse ne creuser l’écart par rapport à ses concurrents. Désormais, elle rassemble notamment en son sein les divisions agricoles fusionnées de ChemChina ainsi que le géant de la chimie Sinochem, lequel avait lui-même absorbé la société agrochimique israélienne Adama… À l’heure actuelle, le nouveau groupe établi à Bâle contrôle près d’un quart du marché mondial des pesticides.

La filiale agricole de Bayer, encore dénommée Monsanto voilà peu, est elle aussi basée dans la cité rhénane – ses activités européennes en tout cas. Dans le domaine des pesticides, Bayer est le numéro deux mondial. Et son modèle d’affaires reste inchangé depuis la période où la société s’appelait encore Monsanto.

Bâle est et reste donc la capitale de la chimie et des pesticides. C’est de la cité rhénane que sont dirigées une grande partie des activités qui, selon les dernières statistiques, entraînent chaque année 385 millions d’accidents liés aux pesticides. En d’autres termes, au cours d’une année, près d’une personne sur deux employée dans le secteur de l’agriculture sera victime d’un accident en lien avec les produits phytosanitaires. Ce n’est guère surprenant, quand on pense que l’utilisation des pesticides dans l’agriculture mondiale a pratiquement doublé durant la même période.

Or, cette évolution contraste avec les promesses formulées dans les belles brochures des multinationales comme Syngenta, qui se sont engagées à réduire les pesticides, ou du moins leur dangerosité, mais continuent malgré tout à promouvoir ces produits phytosanitaires. À titre d’exemple, Syngenta et Bayer exploitent toutes deux en Suisse le site Internet de relations publiques « swiss-food ». Dans un article intitulé « Bayer et Syngenta font mijoter une soupe au goût amer » publié sur leur site Internet « Stop à l’agrobusiness », des organisations environnementales dénoncent les intentions qui se cachent derrière cette appellation trompeuse.

Comme le démontre la résistance organisée à Bâle et dans le reste du monde, nous ne nous en laisserons pas conter. Il est primordial que les multinationales de l’agrochimie soient placées face à leurs responsabilités mondiales. Nous luttons pour l’avènement d’une agriculture qui sert l’intérêt de l’humanité, et non la logique de profit des multinationales, et aspirons à l’émergence d’un système alimentaire mondial fondé sur la durabilité, l’écologie et la solidarité.

 

 

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