Vitol et l'obligation de diligence

La face cachée du charbon

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An einer Dorfversammlung informiert ein Aktivist der Bench Marks Foundation die Anwesenden über die Folgen der Minentätigkeiten und wie sie ihre Rechte einfordern können © Daniel Tillmanns

Fondements

Peu de respect pour les droits humains

La plus importante des multinationales suisses se préoccupe peu du respect des droits humains et des normes environnementales dans le cadre de ses activités charbonnières en Afrique du sud.

Grâce à un sous-sol particulièrement riche, 68% des revenus à l’export de l’Afrique du sud proviennent de l’exploitation minière du platine, de l’or, du charbon et des diamants, raison pour laquelle Vitol, géant genevois des matières premières, a jeté son dévolu sur ce pays. Multinationale la plus importante en Suisse et cinquième entreprise de négoce de charbon au monde, Vitol a acquis les droits exclusifs sur deux houillères détenues par la société australienne Coal of Africa (CoaL) et situées dans la région de Limpopo, qui, par ailleurs, produit 60% des fruits, des légumes, du blé et du coton sud-africains.

Droits humains et environnement en jeu

Actuellement, ces mines ne sont pas exploitées, mais si elles devaient l’être, comme c’est prévu, on craint une pollution massive des eaux, les graves problèmes de santé que provoqueraient les poussières de carbone, les menaces qui pèseraient contre le parc national de Mapungubwe et la perte de 5’600 emplois. Ce sont les conclusions d’une étude publiée par Pain pour le prochain et son partenaire sur place. Les villages concernés ont été insuffisamment consultés, ce qui a abouti à une franche opposition de la part des familles paysannes, des communautés villageoises et de différentes organisations environnementales. Vitol ne se sent pas pour autant liée par les conséquences de ses activités minières et l’entreprise n’a effectué aucun exercice de diligence au sens des principes directeurs de l’ONU. Pain pour le prochain a certes invité Vitol à discuter des conclusions de cette enquête, mais l’entreprise n’a pour l’instant pas donné suite.

Faits et chiffres

Des multinationales aussi puissantes que certaines économies émergentes

  • 1

    Chiffre d'affaires annuel

    En 2014, le chiffre d'affaires de Vitol s'élevait à CHF 254 milliards. A titre de comparaison : dans le même temps, le PIB sud-africain atteignait CHF 345 milliards pour une population de 54 millions d'habitant-e-s.
  • 2

    L'activité du charbon

    En 2014, Vitol était le cinquième négociant de charbon dans le monde, vendant plus de 30 millions de tonnes de houille.
  • 3

    Grenier de l'Afrique du Sud en danger

    La province de Limpopo produit à elle seule jusqu'à 60% des fruits, des légumes, de la viande, du maïs et du coton en Afrique du sud. Les projets miniers requièrent de vastes parcelles de terrain pour leurs opérations. A cause de cela, et en raison des eaux qu'ils pollueront inévitablement, ils compromettent l'agriculture.
  • 4

    Même abandonnées, les mines sont un danger

    En Afrique du sud, 6'000 houillères sont à l'arrêt, mais nombre d'entre elles continuent de polluer massivement les eaux aux alentours sans aucun contrôle.
Eine Anwohnerin hält einen Test, der sehr hohe Säuerwerte im Wasser nachweist © Daniel Tillmanns

Ce que fait Pain pour le prochain

Exiger le respect des droits humains et de l'environnement

Avec ses partenaires du nord et du sud, Pain pour le prochain tente de convaincre les multinationales qu'il leur incombe de respecter les droits humains et l'environnement.

An Afrique du sud

Pain pour le prochain soutient la Bench Marks Foundation, une fondation sud-africaine créée en 2001 par l’archevêque Desmond Tutu et le Conseil des églises et qui défend entre autres les intérêts des populations affectées par les mines. Dans le cadre de son projet « Monitoring Action », de jeunes chômeurs apprennent à rassembler des moyens de preuve et à collecter des échantillons d’eau autour des mines. Ce matériel sert ensuite à dénoncer les atteintes auprès des multinationales et du gouvernement en les exhortant à respecter les droits humains et les dispositions environnementales. Ces jeunes y apprennent aussi à publier leurs rapports sur Internet et à créer des blogs afin d’accroître la pression sur les entreprises en question.

En Suisse

Pain pour le prochain milite activement dans le cadre de l’initiative pour des multinationales responsables. Lancée par plus de 70 entités suisses, cette initiative exige qu’un devoir de diligence soit instauré pour les multinationales sises en Suisse, contraignant ces dernières à respecter les droits humains et les normes environnementales dans leurs activités dans le monde entier.

Pain pour le prochain participe également à un processus initié par la Confédération et qui porte sur l’obligation de diligence pour les entreprises du secteur des matières premières, le but étant d’élaborer des lignes directrices permettant à ces sociétés de s’assurer que leurs opérations se déroulent dans le strict respect des droits humains et sans atteinte à l’environnement.

Enfin et surtout, Pain pour le prochain effectue un travail de lobbying et de sensibilisation de l’opinion publique afin de pousser Vitol à assumer son devoir de diligence.

 

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Yvan Maillard Ardenti

Entreprises et droits humains

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