Électromobilité

La batterie - défi de l'électromobilité

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Électromobilité : les fabricants de batteries doivent devenir plus transparents

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Fondements

La batterie – défi de l’électromobilité

Sans un développement massif de l’électromobilité, l’abandon des énergies fossiles et un développement des transports plus respectueux du climat sont difficilement réalisables. Stockant l’énergie nécessaire au fonctionnement des véhicules électriques, la batterie est un point central.

Or, la fabrication de ces batteries nécessite elle-même beaucoup d’énergie et cause des dommages écologiques et sociaux qu’on ne doit pas occulter. Les principes directeurs de l’ONU pour l’économie et les droits de l’homme, ainsi que les principes directeurs de l’OCDE pour les entreprises multinationales, affirment que l’obligation de diligence raisonnable des entreprises opérant à l’échelle mondiale s’étend sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Cela vaut également pour les fabricants de batteries et de véhicules. Les plus grands risques sociaux et écologiques se situent au début de la chaîne d’approvisionnement, lors de l’extraction des matières premières. Avec la demande croissante en matières premières nécessaires pour les batteries de l’électromobilité, ces risques augmentent fortement.

Des installations d’évaporation géantes dans le désert chilien des hauts plateaux d’Atacama. L’exploitation de la matière première des batteries au lithium menace l’écosystème local et les moyens de subsistance de la population indigène. Photo : Hemis / Alamy Stock Photo

Faits et chiffres

  • 1

    Essor des voitures électriques

    En 2019, plus de 311 000 voitures ont été vendues en Suisse, selon Auto Suisse, soit environ 12 000 de plus que l’année précédente. Alors que les ventes des véhicules à moteur à essence et diesel diminuent, celles des véhicules à moteur alternatif sont en plein essor. En Suisse, la part de marché des voitures électriques a plus que doublé en 2019.
  • 2

    Électrification croissante

    Entre 2010 et 2018, la demande de batteries au lithium-ion, le standard actuel pour stocker l’énergie des véhicules électriques, a augmenté de 30% par an. Selon Global Battery Alliance, l’électrification croissante du trafic et la demande croissante en stockage d’énergie pour les réseaux électriques en sont à l’origine.
  • 3

    Demande en augmentation

    Selon les prévisions de la Banque mondiale, la demande de matières premières pour les batteries devrait être multipliée par quatre à cinq d’ici 2050 par rapport à 2018.
  • 4

    Les principales matières premières des batteries

    Le lithium, le cobalt, le nickel, le manganèse et le graphite sont les principales matières premières utilisées dans les batteries des véhicules électriques.
  • 5

    Conditions de travail dangereuses

    Une grande partie de ces matières premières est extraite dans les pays où la pauvreté est élevée et où les structures administratives et gouvernementales sont faibles. Alors que les élites locales tirent des bénéfices parfois juteux de l’extraction des matières premières, la population en bénéficie de façon très limitée. Les hommes et femmes travaillant dans les mines souffrent souvent de conditions de travail misérables et dangereuses.
  • 6

    Plaintes pour violation des droits de l’homme

    Selon le Business & Human Rights Resource Centre, la plupart des plaintes sur les violations des droits de l’homme dans le monde relèvent du secteur des matières premières. En priorité figurent la relocalisation de villages entiers à la suite de l’octroi de concessions minières, la destruction de terres agricoles, la pollution de l’eau, la pénurie d’eau, ainsi que les atteintes à la sécurité et à la santé des populations locales causées par les activités minières.
  • 7

    Le triangle du lithium, entre le Chili, l’Argentine et la Bolivie

    Entre le Chili, l’Argentine et la Bolivie, le triangle du lithium détient plus de 60% des réserves mondiales connues d’or « blanc". Il est comparativement avantageux parce que la matière première provient d’une solution saline souterraine et qu’elle est obtenue par évaporation naturelle. Pour extraire une tonne de lithium, il faut environ 2 millions de litres de solution saline. Cela provoque une baisse du niveau des nappes d’eau souterraines et affecte les ressources en eau douce de l’écosystème fragile et de la population indigène.
  • 8

    Cobalt de la République démocratique du Congo

    Aujourd’hui, il y a environs 8 kg de cobalt dans une batterie de voiture électrique. Le métal lourd provient presque exclusivement de la République démocratique du Congo et il a une mauvaise réputation, car le travail des enfants est très répandu dans les sites miniers, malgré les lois et réglementations existantes en matière de protection des enfants.
  • 9

    La Chine, premier producteur et client

    La Chine est non seulement le plus grand marché de batteries électriques, mais elle domine également une grande partie des chaînes mondiales d’approvisionnement en batteries, notamment le traitement des matières premières et la fabrication des cellules de stockage.
  • 10

    Tesla

    Tesla est l’une des marques de voitures les plus populaires. L’entreprise s’est engagée en faveur de la durabilité et de la responsabilité sociale et cherche à mettre au point des batteries sans cobalt. Pour le moment, le métal controversé est toutefois toujours nécessaire. Selon le Financial Times, Tesla a conclu durant l’été dernier un contrat de livraison avec Glencore pour jusqu’à 6000 tonnes de cobalt par an.

Ce que fait Pain pour le Prochain

Les batteries des véhicules électriques sous la loupe

Pain pour le Prochain, Action de Carême et l’Association Transports et environnement ont publié en septembre 2020 une étude sur la politique commerciale des six plus grands fabricants internationaux de batteries électriques en provenance de Chine, de Corée du Sud et du Japon. Le groupe technologique suisse ABB a également été examiné. L’analyse a porté sur la gestion des questions environnementales et de droits humains par ces entreprises à travers les données de leurs rapports sur le développement durable et à la responsabilité sociale, et plus particulièrement dans leurs chaînes d’approvisionnement.

Photo: Markus Distelrath sur Pixabay

Les résultats font apparaître un manque de transparence dans les chaînes d’approvisionnement des fabricants de batteries, des risques considérables dans l’extraction des matières premières et un recyclage insuffisant des batteries et de leurs différentes matières premières.

Dans l’évaluation globale, le producteur sud-coréen Samsung SDI est le mieux placé, tandis que le leader chinois du marché mondial CATL atterrit dernier – notamment en raison d’un manque de transparence. La traçabilité des chaînes d’approvisionnement présente cependant de sérieuses lacunes pour tous les fabricants. Les informations sur les mines d’où proviennent les matières premières font ainsi pratiquement partout défaut.

De plus, les entreprises limitent leur devoir de diligence aux minéraux dits de conflit et au cobalt provenant de la République démocratique du Congo, qui pose problème en raison du travail répandu des enfants dans les mines. D’autres

matières premières, telles que le lithium ou le nickel, dont l’extraction provoque également de graves dommages sociaux et environnementaux, sont largement occultées.

Dans le cadre de la gestion environnementale, les fabricants de batteries se concentrent sur les valeurs de CO2. Seules trois des sept entreprises étudiées ont adapté leurs objectifs d’émissions aux exigences de l’accord de Paris sur le climat.

Ce que réclame Pain pour le prochain

Devoir de diligence et économie circulaire

Devoir de diligence
Les producteurs de batteries doivent faire preuve de diligence tout au long de la chaîne d’approvisionnement et pour toutes les matières premières utilisées. Pour cela, il faut davantage de transparence sur l’origine des matières premières, les conditions de travail dans les mines concernées et les conséquences sociales et environnementales dans leur domaine.

Acheteurs publics
En raison de leur pouvoir d’achat et de leur rôle de modèle, les acheteurs publics doivent exiger des conditions de production durables et responsables, lors de l’achat de véhicules électriques, en appliquant des critères équivalents, basés sur la loi fédérale concernant les marchés publics.

Investisseurs
La stratégie d’investissement des investisseurs dans les technologies énergétiques «vertes» est discutable tant que les risques sociaux et environnementaux ne sont pas pris en compte dans l’extraction des matières premières.

Recyclage
Des possibilités d’amélioration existent en parallèle dans le développement du recyclage. La politique doit encourager l’innovation et créer des incitations et des réglementations pour que les batteries soient utilisées le plus longtemps possible et ensuite recyclées le plus complètement possible. Le recyclage réduit la demande de matières premières renouvelables et les dommages sociaux et environnementaux qui en résultent.

Ce que vous pouvez faire

Comportement alternatif pour la mobilité

L’écobilan des véhicules électriques est certes meilleur que celui des véhicules à énergie fossile. Pour limiter les besoins en matières premières, une réduction du parc automobile est cependant aussi nécessaire. Nous devons par conséquent modifier notre comportement en matière de mobilité, notamment en encourageant le passage aux transports publics et le covoiturage et le vélo.

Documents

« Les batteries – L’élément crucial de la mobilité électrique », étude de Pain pour le prochain, Action de Carême et l’Association Transports et environnement, août 2020:

Contact

Karin Mader

Économie et droits humains (Électromobilité et Électronique)

031 380 65 82

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