29 novembre - Deux initiatives populaires

Responsabilité des entreprises dans le monde entier

08.07.2020
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Gabriela Neuhaus travaille pour Pain pour le prochain
en tant que chargée des Médias

Il n'y a pas de ``lumière éthique``

Le 29 novembre, les électeurs suisses se prononceront sur deux initiatives populaires portant sur des questions économiques et éthiques.
L’initiative « Pour des entreprises responsables – pour protéger les individus et l’environnement », mieux connue sous le nom de « Initiative pour des multinationales responsables », exige que les multinationales assument la responsabilité de leurs activités commerciales dans le monde entier. C’est en fait une évidence. Une économie mondialisée exige également des règles applicables à l’échelle mondiale. Il n’y a ni raisons ni justifications pour que les entreprises adoptent des standards différents de protection des droits humains et l’environnement d’un pays à l’autre.
Il devrait être tout aussi évident que ni la Banque nationale suisse, ni les fondations ou les fonds de pension n’investissent leur argent dans des entreprises qui fabriquent des armes ou sont impliquées d’une autre manière dans la production de matériel de guerre. C’est la demande de l’initiative « Pour une interdiction du financement des producteurs de matériel de guerre ».
Ces deux initiatives ne visent ni plus ni moins la mise en œuvre de principes éthiques qui ne devraient pas être négociables pour notre société. Il est d’autant plus inquiétant que le Conseil fédéral et une majorité du Parlement ont plaidé pour le rejet des deux initiatives en juin 2020.

Corriger les mauvaises décisions

Heureusement, le peuple suisse a la possibilité de se rendre aux urnes et revenir sur ces mauvaises décisions. Le vote du 29 novembre est donc un test décisif pour la Suisse. Dans les mois à venir, les opposants aux initiatives tenteront, une fois de plus, d’effrayer la population. Ils prétendront que l’adoption de ces initiatives entraînera des pertes d’emplois, que notre prospérité sera menacée…
Soyons honnêtes : voulons-nous vraiment préserver des emplois pour lesquels l’exploitation des personnes, la surexploitation de la nature ou la violation des droits humains sont acceptées ? Voulons-nous vraiment continuer à nous offrir une telle prospérité ?
L’éthique, oui – mais seulement quand cela convient. La Suisse a longtemps été partisane de cette attitude. Mais il s’agit d’un leurre. Le meilleur exemple en est le secret bancaire. Les prophéties de malheur des anciens de l’époque disaient que la levée du secret bancaire plongerait la Suisse dans la misère.

Façonner l’avenir

Nous le savons maintenant : la levée du secret bancaire n’a nullement porté préjudice à la Suisse. Aujourd’hui, les banques doivent permettre une plus grande transparence dans leurs transactions commerciales, et il est devenu plus difficile de faire de l’escroquerie.
Nous avons été contraints de lever le secret bancaire en raison des pressions internationales. Avec les initiatives actuelles, le peuple Suisse a le pouvoir d’exiger de nos multinationales le respect des droits humains et la protection de l’environnement partout dans le monde. Si nous ne saisissons pas cette opportunité, tôt ou tard, nous serons obligés par la communauté internationale de le faire. À ce jour, au niveau international, il existe déjà un certain nombre de réglementations et d’efforts pour exiger précisément les principes éthiques que proposent les initiatives populaires. Inversement, si les initiatives sont acceptées, nous pouvons participer activement à la construction d’un avenir plus juste.

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