Refus de la Loi sur le CO2 : et maintenant?

16.06.2021
YM

Yvan Maillard Ardenti travaille chez Pain pour le prochain en tant que
responsable du dossier « Justice climatique »

Que s’est-il passé ?

Dimanche 13 juin : je dois avouer qu’un sentiment d’impuissance et d’incompréhension m’a envahi lorsque j’ai appris les résultats de la votation sur la Loi sur le CO2. Je n’avais pas vu venir ce résultat négatif et j’aurais préféré un faible OUI à ce faible NON… Mais le peuple suisse est le souverain, comme on dit, et je respecte sa décision. Le débat sur les deux initiatives sur les pesticides a été si intense et la mobilisation si forte, surtout dans les campagnes comme en témoignent les affiches devant chaque ferme, qu’il n’y a pas eu assez d’espace pour un débat de fond et en toute sérénité sur la Loi sur le CO2.

Ce qui m’a particulièrement surpris, c’est le vote des jeunes : d’après un sondage post-électoral de Tamedia, 58 % des 18-34 ans ont mis un Non dans l’urne. Comment leur expliquer que la loi CO2 était un des instruments nécessaires pour protéger leur avenir?

Merci aux bénévoles 

J’aimerais remercier ici les nombreux bénévoles qui se sont engagés dans la rue pour distribuer des flyers, poser des affiches et aller à la rencontre de la population. Cette mobilisation fut belle même si elle aurait pu être plus intense. Je pense que beaucoup d’entre nous ont sous-estimé la tâche et que nous aurions dû plus et mieux expliquer la nécessité de cette loi et son lien avec les populations du Sud qui souffrent déjà maintenant fortement des effets négatifs du réchauffement climatique.

Et maintenant ?

Le temps presse ! La crise climatique s’aggrave chaque année. Des millions de personnes de par le monde vont perdre leurs moyens de subsistance, leurs terres, leurs maisons… La large alliance qui s’est formée autour de ce vote doit maintenant s’engager de toute urgence pour une protection cohérente du climat, que ce soit au niveau individuel, cantonal ou fédéral. Au niveau individuel, Pain pour le prochain s’engage pour qu’un grand nombre de conversations carbone soient organisées dans les paroisses afin que les gens découvrent les leviers pour réduire leurs émissions dans leur quotidien. Au niveau fédéral, nous continuons notre engagement au sein de l’Alliance climatique qui regroupe plus de 100 organisations de la société civile. Il y a notamment dans le secteur financier encore un grand travail à faire pour décarboner les investissements des caisses de pension, de la Banque nationale suisse et des grandes banques. Et bien sûr, nous sommes aux cotés de nos organisations partenaires pour qu’elles puissent apporter un soutien aux populations affectées par la crise climatique. Notre engagement continue plus que jamais !

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