Faire la transition vers une économie durable dans un monde plus juste : telle est la vision qui a motivé en 2015 l’action de Pain pour le prochain et de ses partenaires au Nord comme au Sud. Non sans succès, comme le signale le rapport annuel qui vient de paraître.

Rapport annuel de Pain pour le prochain – Transition, progrès et nouvelle progression

09.06.2016

Pour Pain pour le prochain, l’année 2015 a été placée sous le signe de la transformation. En premier lieu dans sa structure : Bernard DuPasquier a repris les rênes de l’institution en septembre. Mais aussi dans son travail : Pain pour le prochain entend axer davantage ses efforts sur la transformation de la société, afin de bâtir un monde dans lequel hommes et femmes peuvent vivre dignement. Bernard DuPasquier en est convaincu : un « autre monde est possible et prend d’ailleurs déjà forme dans de nombreuses initiatives. Nous devons les observer et nous en inspirer ». Pour ce faire, il faut adopter une perspective holistique du développement durable : « Aux trois dimensions habituelles de la durabilité – économique, sociale et écologique –, nous devons en ajouter une quatrième de toute première importance, la spiritualité. »

 

Symposium « Faim, colère et changement »

Les 200 personnes qui ont participé au symposium « Faim, colère et changement », organisé par Pain pour le prochain en septembre, ont formulé des pistes d’action utiles à la concrétisation de la vision de la fondation. Dans un monde secoué par des crises écologiques et sociales, où 800 millions de personnes souffrent de la faim, la transformation de l’économie et de la société est en effet non seulement urgente, mais aussi possible. C’est ce que montrent les succès obtenus par nos partenaires locaux au Sud. Ainsi, au Bénin, les pressions de la société civile ont abouti à une amélioration du droit foncier. Le législateur a inscrit dans la loi une limite à la propriété privée, ce qui constitue un premier frein à l’accaparement des terres et contribue à concrétiser le droit à l’alimentation pour tous et toutes. Dans de nombreux pays, en effet, l’accaparement des terres, soit la vente ou la location de terres fertiles à des investisseurs, connaît un essor sans précédent.

 

Campagnes sur le droit à l’alimentation et l’économie éthique

En 2015, la campagne œcuménique sur l’alimentation et le changement climatique a beaucoup retenu l’attention. Pain pour le prochain a joué un rôle important dans le succès de la pétition « Pour une politique climatique équitable » adressée à la conseillère fédérale Doris Leuthard, en recueillant une grande partie des 108 000 signatures. Cette pétition demandait au gouvernement suisse d’œuvrer à la formulation d’objectifs ambitieux et de mesures efficaces lors de la Conférence mondiale sur le climat de Paris et des prochaines échéances.

S’agissant d’économie éthique, Pain pour le prochain a examiné pour la première fois, en août, la politique commerciale de Vitol, le numéro 1 suisse du secteur minier, et mis en lumière les nombreux impacts négatifs de l’extraction du charbon en Afrique du Sud. Un exemple qui explique la raison pour laquelle Pain pour le prochain, l’organisation de développement des Eglises protestantes, figure parmi les organisations qui ont lancé l’initiative « Pour des multinationales responsables » et qui ont recueilli des signatures : dans une économie mondialisée, le respect de l’être humain et de l’environnement ne doit pas connaître de frontières.

 

En 2015, les recettes de la fondation ont légèrement progressé. Le soutien des donateurs et des donatrices a permis à Pain pour le prochain et à ses partenaires de consacrer 19 millions de francs à la coopération au développement, une somme légèrement supérieure à celle de 2014.

 

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