Rapport annuel 2016

Pain pour le prochain, la voix forte en faveur du changement

15.05.2017

Communiqué de presse

 

Réussites et nouveautés pour le rapport annuel 2016

 

Pain pour le prochain, la voix forte en faveur du changement

Lausanne, 15 mai 2017 – Smartphones ou épis de maïs sont deux produits dont la production présuppose souvent de recourir à des substances toxiques. C’est pour cette raison qu’en 2016, Pain pour le prochain s’est mobilisé en Suisse pour l’initiative pour des multinationales responsables et au sud pour le droit des familles paysanne à conserver leurs pratiques semencières ancestrales. « Pour que le monde devienne plus juste, une transition intérieure doit aussi intervenir, » selon Bernard DuPasquier, directeur de l’organisation.

 

Pain pour le prochain, l’organisation de développement des Eglises protestantes suisses, tire un bilan positif de l’année qui vient de s’écouler. Avec nos partenaires Action de Carême et Etre partenaires, nous sommes parvenus à réunir près de 30’000 signatures pour faire aboutir l’initiative pour des multinationales responsables. Remise en 2016, cette initiative populaire exige que les multinationales établies en Suisse vérifient que leurs activités à l’étranger ne contreviennent ni aux droits humains, ni aux normes environnementales, une obligation indispensable à la mise en œuvre des Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme adoptés par les Nations Unies en 2011.

 

Des mesures volontaires insuffisantes

Comme l’a montré une étude publiée en avril 2016 portant sur la politique en matière de droits humains des 200 entreprises suisses les plus importantes, les engagements que prennent ces dernières sur une base volontaire ne suffisent pas. Elles sont en effet à peine 11 pour-cent à avoir commencé à appliquer les Principes directeurs des Nations Unies, tandis que 61,5 pour-cent d’entre elles n’ont intégré aucune mesure en faveur des droits humains dans leur propre politique.

 

Pas de produits toxiques, ni dans les usines, ni dans les champs

Le recours au benzène illustre très concrètement ce manque de diligence. Utilisé dans la fabrication d’appareils électroniques, ce solvant très toxique est déjà responsable de la mort de milliers de personnes. L’une de nos campagnes invite donc les principaux distributeurs de smartphones en Suisse à exercer leurs responsabilités en tant qu’acheteurs et à s’exprimer en faveur d’une interdiction de cette substance dans le secteur de l’électronique. Swisscom s’est d’ores et déjà dit prête à assumer cette responsabilité, Sunrise préférant analyser la problématique du benzène dans le cadre de ses audits.

 

Les organisations partenaires de Pain pour le prochain dans les pays du sud s’élèvent contre les géants de l’agro-industrie qui, sans aucun scrupule, y créent de nouveaux débouchés pour leurs produits chimiques et empêchent les familles paysannes de recourir à leurs semences traditionnelles en promouvant de nouvelles lois sur la protection des obtentions végétales. En 2016, le Kenya a obtenu une importante victoire d’étape puisque parallèlement à l’adoption d’une telle loi, le pays a consacré les droits des paysannes et paysans, avec pour conséquence que la législation leur accorde une égale importance.

 

Nécessité d’une profonde transformation

Ces deux exemples ont en commun de démontrer que les profits économiques ont plus de poids que la conservation de la vie. « Il est impératif de modifier les priorités de notre système alimentaire et de notre économie, » affirme Bernard DuPasquier, directeur de Pain pour le prochain. « Pour cela il nous faut tout d’abord changer de point de vue sur nous-mêmes et sur le monde. » C’est la raison pour laquelle Pain pour le prochain a dès 2016 travaillé à l’idée d’une transition intérieure, rejoignant un mouvement mondial d’initiatives locales aspirant ici et maintenant à un monde dont les priorités seraient plus justes.