Réorientation de la coopération au développement

La lutte contre la crise climatique doit être une priorité

20.08.2019

Le Conseil fédéral entend donner une nouvelle orientation à la coopération internationale (CI). Dans sa prise de position, Pain pour le prochain appelle à mettre davantage l'accent sur la lutte contre la crise climatique mondiale et le renforcement de la société civile. Des ressources financières supplémentaires sont notamment nécessaires pour mettre en œuvre les mesures en faveur du climat. La consultation sur le message sur la coopération internationale se termine cette semaine et le Parlement examinera celui-ci en 2020.

Dans son message sur la coopération internationale de la Suisse, le Conseil fédéral fixe quatre objectifs : la création d’emplois, la lutte contre les changements climatiques, la réduction des migrations irrégulières et la promotion de l’État de droit et de la paix. Il souhaite en outre collaborer plus étroitement avec le secteur privé, donner plus de poids aux intérêts de l’économie suisse et réduire le nombre de pays prioritaires de 46 à 34.

Dans sa prise de position, Pain pour le prochain critique les objectifs du Conseil fédéral comme étant trop vagues et propose divers ajouts pour les rendre plus concrets. L’intensification de la lutte contre la crise climatique est d’une importance capitale pour l’organisation de développement, mais elle ne doit pas être financée par le budget déjà trop serré de la coopération internationale. Des fonds alternatifs et supplémentaires sont nécessaires, tels que l’introduction d’une taxe sur les billets d’avion ou l’extension de la taxe sur le CO2 aux carburants.

La transformation comme principe directeur

Pour Pain pour le prochain, le renforcement de la société civile est le meilleur moyen de promouvoir la paix et l’État de droit. La marge de manœuvre de la société civile a été fortement restreinte dans le monde entier ces dernières années. Sans la liberté d’expression et la participation de la société civile, les objectifs formulés par le Conseil fédéral, tels que le développement économique durable, ne peuvent être atteints. Pain pour le prochain appelle donc à des mesures concrètes pour protéger et renforcer l’engagement de la société civile.

En fin de compte, l’ensemble de la coopération internationale de la Suisse doit se fonder sur le principe directeur de la transformation de la société, de la politique et de l’économie vers la justice sociale et la durabilité écologique. Les partenariats avec le secteur privé peuvent y contribuer. Toutefois, ils doivent avant tout apporter des avantages sociaux dans les pays en développement et être liés à des processus de diligence raisonnable efficaces en ce qui concerne les droits humains et les risques environnementaux.

Plus d’informations :

Bernard DuPasquier, Directeur, Pain pour le prochain, 031 380 65 75,
dupasquier@bfa-ppp.ch