Journée international des droits humains (10 décembre)

Honduras

07.12.2017

Honduras – dans un pays ou les violations des droits humains sont à l’ordre du jour depuis plusieurs années, l’état d’urgence après les élections présidentielles du 26 novembre aggrave considérablement la situation.

ANAFAE – un partenaire de longue date de Pain pour le prochain au Honduras s’engage pour le droit à l’alimentation, notamment pour la promotion de l’agroécologie et le droit aux semences paysannes et à la terre. Les communautés indigènes et les groupements paysans membres ou partenaires d’ANAFAE sont régulièrement victimes de graves violations de leurs droits. Parce qu’ils luttent pour leurs droits, ils sont menacés de mort, victimes de maltraitances de la part de la police ou des militaires et, dans certains cas, assassinés. L’impunité est la règle. Le Honduras fait partie des pays les plus dangereux dans le monde pour les défenseurs des droits humains. Depuis le coup d’Etat un 2009, le gouvernement a suspendu les réformes agraires, ignore les droits des peuples indigènes et privilégie l’intérêt des entreprises aux droits humains.

Les premiers résultats de l’élection présidentielle du 26 novembre 2017 ont donné un peu d’espoir à nos partenaires. Le candidat de l’opposition, Salvador Nasralla, avait 5% d’avance sur l’actuel président Juan Orlando Hernández après le dépouillement de 60% des scrutins. Nasralla est devenu le symbole du changement au Honduras. Après avoir communiqué ces premiers résultats, la Commission électorale nationale ne s’est plus exprimée pendant plusieurs jours. Finalement, le lundi 4 décembre, elle annonçait que l’actuel président devançait Nasralla avec 42.98% contre 41.39%. La Commission n’a toutefois pas encore annoncé Hernandez comme vainqueur. Les observateurs électoraux au Honduras de l’Organisation des États Américains et de l’Union Européenne ne font pas confiance aux résultats et demandent de recompter les votes.

Cette situation a déclenché des manifestations dans tous les pays, principalement dans les grandes villes. Le peuple se mobilise pour dénoncer l’absence de transparence à propos de ces résultats et se sent trompé. Le président a déclaré l’état d’urgence et un couvre-feu dès la nuit tombée. Les manifestants sont réprimés de manière violente par la police et les militaires. On compte déjà une dizaine de morts, de nombreux blessés et incarcérés. Il n’est pas encore possible d’avoir les chiffres exacts. 

Notre partenaire au Honduras ne peut plus poursuivre son travail. « La situation et très délicate et une augmentation de la répression se profile. L’équipe d’ANAFAE est basée à Tegucigalpa et nous avons dû annuler toutes les activités prévues sur le terrain. Nos organisations membres sont également bloquées sur leurs terres et territoires et ne peuvent pas sortir, pour cause d’insécurité. Nous surveillons et évaluons de manière permanente la situation afin de prendre les mesures nécessaires pour protéger nos vies », témoigne Octavio Sánchez, coordinateur d’ANAFAE. Pain pour le prochain soutien une lettre ouverte adressée aux commissions d’observation, aux autorités honduriennes et aux institutions internationales des droits humains afin qu’elles s’engagent pour la démocratie et le respect des droits humains au Honduras.

« Ce soutien est très précieux pour nous. Nous remercions nos partenaires en Europe pour leur soutien et leur solidarité », ajoute Octavio, « cela nous donne de l’espoir ! ».