Diaspora contre l’accaparement des terres

15.12.2020
Bildnachweis: Brot für alle (Headerbild und Vorschaubild)
ladislasndembet

Ladislas Désiré Ndembet dirige Muyissi Environnement, une ONG gabonaise
membre de l’Alliance contre les plantations industrielles de palmiers à huile
en Afrique de l’Ouest et du Centre soutenue par Pain pour le prochain.

Mobilisation au-delà des frontières

« Sauvons P.P.O », c’est l’appel au secours lancé par les membres d’une petite bourgade sur le bord de la rivière Ngounié dans le sud du Gabon. Depuis 2012, le village est totalement enclavé par les plantations industrielles de palmiers à huile du Lot1/Mouila d’Olam.

Cet appel a été entendu et soutenu par plusieurs communautés riveraines impactées par les plantations industrielles de palmiers à huile d’Olam. C’était lors de la célébration en différée de la lutte contre les monocultures d’arbres le 30 octobre à Mouila dans le sud du Gabon, avec l’appui de l’ONG Muyissi Environnement.

Lors de l’aménagement de la première plantation d’Olam dans la province de la Ngounié, la communauté de P.P.O n’a pas du tout été prise en compte. Ainsi l’occupation de leurs terres s’est faite sans leur consentement. Olam a détruit les tombes, les arbres fruitiers et obstrué leur principale voie d’accès.

Dispersés à Mouila, Libreville, Port-gentil et à l’étranger, les membres de cette communauté se sont mobilisés à l’occasion de cette journée internationale et ont pris l’engagement de revendiquer leur terre, la terre de leurs ancêtres.

La communauté de P.P.O a mis sur pied un collectif afin d’entrer en négociation avec Olam. Pour éviter de tomber dans le piège des fausses promesses de la multinationale, le collectif s’est imprégné de l’expérience des autres communautés impactées par les plantations industrielles de palmiers à huile.

Lutte inégale

L’objectif de « Sauvons P.P.O » est de récupérer une partie de terres volées et détenues actuellement par Olam au travers d’un bail emphytéotique (bail de très longue durée). Parmi les membres de cette communauté, de nombreuses presonnes sont retraitées ou proche de la retraite. Elles souhaitent revenir s’installer sur les terres de leurs ancêtres qu’elles avaient momentanément quitté pour trouver du travail dans les grandes villes du pays. Les jeunes de cette communauté ont manifesté leur soutien à la campagne de « Sauvons P.P.O » que l’on nomme simplement « Pépéyo ». D’ailleurs cette campagne dépasse le cadre des frontières du Gabon. Des membres de la diaspora originaire de Pépéyo ont adhéré à cette campagne et donne leur avis dans le groupe WhatsApp que le collectif a créé à cet effet.

Il faut souligner que la Multinationale Olam Palm Gabon (OPG) a beaucoup profité de l’absence d’une élite intellectuelle dans les villages pour obtenir le consentement des personnes âgées et analphabètes.

A ce jour, avec les campagnes d’information et de sensibilisation menées par quelques organisations de la société civile (OSC), les communautés prennent conscience et s’activent résolument à défendre leurs terres. Malheureusement ce combat s’avère difficile à cause de l’implication et du parti pris par les gouvernants du Gabon en faveur d’Olam qui est pratiquement active dans tous les secteurs d’activités du pays. C’est donc un peuple sans défense et abandonné à lui-même qui lutte pour sauvegarder son patrimoine.

Rendez-vous a été pris pour le 21 septembre 2021 avec l’espoir que P.P.O et les autres communautés bénéficieront d’une sécurité foncière à hauteur de leurs efforts et luttes. Elle peut toutefois compter surl’aide de l’Alliance internationale de lutte contre les monocultures, seule organisation qui permet aux communautés d’Afrique de l’Ouest et du Centre de se retrouver et de parler des impacts négatifs dont elles sont victimes.

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