Ce que nous dit le Coronavirus #1

23.03.2020

Et si l’on considérait le coronavirus non seulement comme un ennemi à combattre, mais aussi comme un « allié ». C’est ce que propose Yves Citton, professeur de littérature, dans un entretien paru ce week-end dans le quotidien suisse Le Temps :

« Dans un monde de post-croissance, c’est peut-être du côté des mauvaises herbes, de ce que Mao appelait les nuisibles, qu’on va trouver des alliés. Regardez l’amarante, cette plante qui a résisté au Roundup, le désherbant de Monsanto. On a découvert qu’elle était comestible. Le coronavirus nous a obligés à diminuer nos émissions de gaz à effet de serre, en Chine d’abord, en France aujourd’hui, à réduire nos déplacements. Il nous invite à réviser nos configurations de travail et de politique. On a peut-être beaucoup à gagner de cette épidémie. […] Nous nous inspirons du travail d’Anna Tsing, anthropologue californienne, auteure du Champignon de la fin du monde, le livre le plus beau de ces vingt dernières années. Elle nous invite à prêter attention à ce qui repousse, ce qui revient, plutôt qu’à ce qui disparaît. »