Avant sa disparition, le glacier du Basodino a un message pour nous

13.09.2021
YM

Yvan Maillard Ardenti travaille chez Pain pour le prochain en tant que
responsable du dossier « Justice climatique »

Il me reste 20 ans à vivre !

Dimanche dernier au pied du glacier du Basodino, dans le canton du Tessin, je lève les yeux vers ce qui était une imposante masse de glace il y a encore 30 ans. Quelle tristesse que de voir ces géants de glace s’effacer petit à petit de nos paysages : en Suisse, plus de 500 glaciers ont déjà disparu.

C’est pour alerter l’opinion publique que nous avons organisé, en partenariat avec l’Alliance climatique et l’Initiative pour les glaciers, une cérémonie de commémoration pour les glaciers disparus juste au pied du Basodino. Nous sommes environs 200 personnes réunis pour cet événement. Je fais la connaissance d’un homme qui connait bien la région. Depuis 30 ans, le glaciologue tessinois Giovanni Kappenberger mesure la masse de glace. Il m’explique : « Le glacier Basodino a perdu 80% de sa masse depuis le début de l’ère industrielle et aura complètement disparu d’ici 20 ans ». Il ajoute que si rien n’est fait pour endiguer la hausse des températures, il ne restera en Suisse plus qu’une douzaine de glaciers rétrécis d’ici 2100.

En ouverture de cérémonie, un chœur de la région entonne des chansons de manière tantôt solennelle, tantôt joyeuse. Vient ensuite le moment des discours. Sanju Maharjan Marzi d’origine népalaise, témoigne à propos des changements climatiques qui affectent surtout les pays du Sud et tout particulièrement son pays natal : « Au Népal, alors qu’au printemps les précipitations se font plus rares, en été les pluies sont de plus en plus abondantes et entraînent l’érosion et la destruction de maisons, de routes et de cultures ».

Vient ensuite mon tour de m’adresser, en italien, au public ; j’en profite pour remercier mes amis tessinois qui m’ont aidé pour la traduction de mon message. « La justice climatique exige que les pays du Nord réduisent non seulement leurs émissions, mais soutiennent les populations du Sud pour qu’elles s’adaptent au changement climatique ». Nous terminons la cérémonie par une bénédiction et une action symbolique : chacun apporte une pierre afin de faire une « stupa », ces grands tas de pierres que l’on rencontre au Népal, sur lequel nous apposons une plaquette commémorative.

Un automne important pour le climat

Cet automne est un automne important pour la politique climatique suisse, c’est la raison pour laquelle nous avons organisé cette commémoration. Même si la loi sur le CO2 a été refusée en juin de cette année par le peuple suisse, il y des signes encourageants : il y a quelques jours, la Landsgemeinde de Glaris a voté une loi qui bannit les chauffages à mazout et à gaz. A la prochaine session, le Parlement fédéral devra discuter d’un contre-projet à l’Initiative pour les Glaciers (qui demande la neutralité carbone pour 2050 avec une interdiction des énergies fossiles) et il y aura des votes cantonaux importants sur le thème du climat à Berne et à Zurich. Espérons que les décisions de nos politicien·ne·s et concityoen·ne·s seront à la hauteur des enjeux climatiques !


 

Photos: Daniel Pittet

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